Siddartha

Un article de SAN.

Siddartha


Siddartha était beau
Bien développé
Jeune et tout un chacun
L’enviait à sa manière
Il avait père et mère
Pour ascendant un sage
Pour lui tenir la main
L’amour et le regard
Intense et bienveillant
Le regard d’une mère
Siddartha était beau
Bien développé
Jeune et tout un chacun
L’enviait à sa manière


Siddartha était bon
Savant et bon élève
En passe lui aussi
De devenir Brahmane
Il avait tout connu
Disait-on, surtout ceux
Qu’une telle carrière
Tentait pour son prestige
Il faisait ses prières
Avec assiduité
Siddartha était bon
Savant et bon élève
En passe lui aussi
De devenir Brahmane


Et Siddartha pourtant
Contre l’avis de Père
Les larmes de sa mère
Eut le front de partir
Ce petit moi sans âme
Plus rien, ni les écrits
La science des anciens
Plus rien ne le tentait
Que ce qui répugne
A ces esprits soumis
Et Siddartha pourtant
Contre l’avis de Père
Les larmes de sa mère
Eut le front de partir


Il découvrit la faim
La honte et les regards
Indignés que la foule
Portait sur son corps nu
Un temps rempli de haine
Il oublia les hommes
Epousa le vivant
Dans sa diversité
Courant avec la hyène
Fuyant avec sa proie
Il découvrit la faim
La honte et les regards
Indignés que la foule
Portait sur son corps nu


Il revêtit l’habit
Des plus riches marchands
Et se prit avec eux
A quelques rêves bas
Il apprit le désir
Ses joies et la douleur
L’ennui, l’énervement
Que des jeux trop sérieux
Qu’il s’agisse d’amour
Ou d’argent font éclore
Il revêtit l’habit
Des plus riches marchands
Et se prit avec eux
A quelques rêves bas


Puis il revint au fleuve
Se prit à l’écouter
Et décryptant les flots
Se découvrit enfin
Oublié, délaissé
Presque réduit en miettes
Son petit moi sans âme
Enfin s’était ouvert
Et se laissait gagner
Par la beauté des choses
Puis il revint au fleuve
Se prit à l’écouter
Et décryptant les flots
Se découvrit enfin


Sylvain Bonnafoux Avril 2001.


[Sidarta raw]