Himalaya sans O

Un article de SAN.

Himalaya sans O


Je sais bien que le soir
Je fais ce qu’il me plaît
Qu’il n’est pire plaie
Hélas, que se devoir
A ce qui ne plaît guère


Il est pourtant des guerres
Que j’eusse aimé livrer
De vains combats mener
Pour quelques gens sans terre
Une tête à trancher


Il est pourtant des guerres
Que j’eusse aimé livrer


Je sais bien qu’à la foire
Je paie ce qui me plaît
Que rien n’est plus gai
Je sais, que de s’asseoir
Sur ce qui ne plaît guère


Il est pourtant des airs
Que j’eusse aimé chanter
Un hymne murmurer
Plutôt que de me taire
Et la tête baisser


Il est pourtant des airs
Que j’eusse aimé chanter


On sait bien qu’une poire
Jamais n’étancherait
Cette soif et le lait
Qu’elle demande est à voir
Je crois qu’il ne plaît guère


Il est pourtant désert
Ce monde qu’un marché
Nous prit à l’arraché
Il est pourtant désert
Et l’on veut s’y baigner


Oui, ce monde est sans air
Et je veux respirer.


Sylvain Bonnafoux - 1° Mai 2001